Le Bulletin des Marketplaces

Ton cerveau te pousse à rester (et à acheter)

Comment les marketplaces utilise le biais de l'engagement pour te faire rester ?

👩‍🏫 Ce que tu vas apprendre dans cette édition :

  • Ce qu’est vraiment le biais du comportement de troupeau

  • Comment les marketplaces exploitent ce réflexe pour booster leurs conversions

  • Des techniques concrètes pour créer de la preuve sociale, même avec peu de ventes

  • BONUS : un parallèle entre Tinder et les marketplaces

⏱ Temps de lecture : 7 minutes.


Ton cerveau te pousse à rester (et à acheter)

💌 Le Bulletin des marketplaces te permet de découvrir des astuces, des études de cas, des tendances, des outils et des conseils d’experts pour développer et optimiser ton business, améliorer ton référencement, et booster tes performances sur les meilleures marketplaces.

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Tu cliques sur un produit “juste pour voir”, et sans t’en rendre compte, tu en compares trois, puis tu ajoutes un article au panier, tu regardes les avis, les alternatives, les promos… et tu ne quittes plus la page. Limite, tu laisses l’onglet ouvert plusieurs jours avant d’acheter le produit.

Déjà, il faut que tu saches que ce n’est pas un bug de ton cerveau. C’est un biais cognitif bien connu : le biais d’engagement.

Il nous pousse à aller au bout de ce qu’on a commencé, simplement parce qu’on a déjà commencé.
Et dans l’e-commerce, c’est une arme redoutable. Les marketplaces savent exactement comment créer cette sensation de “tunnel” où tu restes, tu explores… et tu achètes.

Dans cette édition, on va décortiquer ensemble :

  • ce que dit la psychologie sur ce phénomène,

  • comment les marketplaces l’activent pour prolonger ton attention,

  • et comment toi aussi, tu peux déclencher ce réflexe chez tes clients.

Spoiler : ce n’est pas de la magie. C’est du design… bien pensé.

Je t’explique ce qu’est le biais d’engagement

Le biais d’engagement, c’est ce mécanisme qui te pousse à continuer ce que tu as commencé… même sans grande motivation de départ.

Une fois engagé dans une action, ton cerveau déteste l’idée de s’arrêter en plein milieu. Il préfère aller jusqu’au bout, quitte à investir plus de temps, d’énergie ou d’argent.

Ce phénomène a été mis en évidence dès 1966 par les psychologues Freedman & Fraser dans une expérience restée célèbre :

Ils demandent à des gens d’afficher un tout petit autocollant “Soyez prudents en voiture” sur leur fenêtre.
Deux semaines plus tard, ils reviennent pour leur demander… d’installer un énorme panneau de signalisation devant chez eux.
Résultat : ceux qui avaient accepté le petit sticker acceptent beaucoup plus souvent le panneau.

Pourquoi ? Parce qu’ils se sentent engagés, alignés avec leur action précédente.

→ Nouveau constat : 76 % des personnes ayant accepté le petit sticker acceptaient aussi le panneau, contre moins de 20 % pour un premier contact direct.

Ce que cette étude nous dis réellement sur notre comportement c’est qu’une fois qu’on dit “oui” à quelques choses, nous avons davatage tendance à redire oui ensuite.

Et cela marche grâce à mécanismes psychologiques :

  1. Biais de cohérence / engagement :
    Une fois que tu as consenti à quelque chose, tu te perçois comme quelqu’un qui dit “oui”. L’idée de changer te met en dissonance.

  2. Théorie de l’auto-perception :
    Tu en conclus : “Je fais cette action, donc je suis ce genre de personne.”

  3. Sentiment d’obligation implicite :
    Tu veux rester cohérent, notamment avec la personne qui t’a sollicité.

Et en e-commerce on joue beaucoup sur ça.

Tu cliques sur un produit > tu scrolles > tu regardes une fiche > tu compares > tu ajoutes au panier.

Et à chaque micro-action, tu renforces ton engagement. Tu es “dedans”, et ton cerveau te pousse à continuer.

Ce processus est renforcé par des éléments UX bien pensés :

  • Barre de progression (“il ne vous reste plus qu’un clic !”)

  • Étapes de commande visibles (“1/3 – Choix du produit”)

  • Historique de navigation personnalisé

  • Rappels de ce que tu as commencé (panier visible, favoris sauvegardés…)

Chaque clic t’attache un peu plus. Tu passes d’un simple visiteur à un client captif… sans même t’en rendre compte.

Comment les marketplaces s’en servent ?

Tu cliques. Tu scrolles. Tu compares.
Tu viens de tomber dans le piège.

Et tout commence par un micro-choix.

Exemples concrets d’engagements invisibles :

  • Tu cliques sur un produit = tu t’engages dans un processus.

  • Tu ajoutes au panier “au cas où” = tu augmentes tes chances de revenir.

  • Tu crées un compte “juste pour voir les frais de port” = tu deviens un lead chaud.

Chaque action est une micro-étape psychologique : plus tu avances, plus il est difficile de faire marche arrière.

C’est ce que Freedman & Fraser ont démontré :

Accepter une petite requête (afficher un autocollant), te rend beaucoup plus enclin à accepter une requête bien plus engageante (installer un panneau géant).
Parce que ton cerveau veut rester cohérent avec ce que tu as déjà accepté.
(Source : Freedman & Fraser, 1966 – Compliance without Pressure)

Côté UX, là aussi ça boss fort :

  • Des produits “vus récemment” pour maintenir l’engagement.

  • Des “checklists” de complétion (compte à 80 %, panier prêt, etc.).

  • Des offres limitées ou des décomptes (→ effet d’urgence + engagement).

Tout est pensé pour que tu avances… sans vouloir revenir en arrière.

Pourquoi ça nous fait rester (et acheter) plus ?

Parce qu’on est programmés pour aller au bout de ce qu’on commence.
Et une marketplace, elle le sait.

À partir du moment où tu cliques sur un produit, tu as enclenché un processus.
Tu veux voir ce qu’il vaut. Le comparer. Comprendre s’il est mieux que l’autre.
Et tant que ce n’est pas “clairement décidé”... tu restes.

C’est exactement ça. J’ai tellement comparé les chaussures de course, les montres, etc., que je connais maintenant les détails de plusieurs modèles. Et finalement, j’ai pas lâché… je me suis pris une Coros.

Les 3 raisons psychologiques qui expliquent ce phénomène :

  1. Biais de cohérence (Cialdini, 1984) :
    On aime être cohérent avec ce qu’on a commencé.
    Tu as commencé à chercher un tapis ? Ton cerveau veut finir la mission. Même si tu n’en as pas besoin.

  2. Effet Zeigarnik :
    Une tâche inachevée (ex : comparer deux produits, finaliser une commande) reste active dans ta mémoire.
    Ton cerveau a du mal à “lâcher l’affaire” tant que ce n’est pas fait. Pour les habituer on en a déjà parlé dans une précédente newsletter.

  3. Escalade d’engagement :
    Plus tu passes de temps, plus tu investis cognitivement.
    Résultat ? Tu as moins envie de “perdre” ce temps. Donc tu continues… ou tu achètes.

C’est comme un tunnel de vente psychologique. Mais là, tu l’as construit toi-même sans t’en rendre compte :

  • 1 clic sur un produit

  • 1 scroll dans les avis

  • 1 ajout au panier

  • 1 retour dans ton historique
    → Boom. Tu es engagé.

Et plus tu t’engages, plus le coût perçu de tout abandonner augmente.

Une fois que tu as commencé, tu es ton propre meilleur vendeur.

Comment toi aussi tu peux utiliser le biais d’engagement

Tu n’as pas besoin d’être Amazon pour exploiter ce levier psychologique.
Il suffit de créer une petite action initiale… puis de dérouler l’expérience autour.

Rappelle-toi : le biais d’engagement naît dès qu’un utilisateur fait un premier pas.
Ton job, c’est de l’aider à en faire un… même minuscule.

Ces astuces fonctionnent si tu as un shop e-commerce et surtout si tu es une marketplace :

1. Propose une action simple à l’entrée

Exemples :

  • “Quel est votre besoin ?” → bouton avec 3 choix

  • “Filtrer les produits par usage” → UX interactive

  • “Découvrez les nouveautés” → clic vers une sélection ciblée

➡️ Objectif : faire cliquer, scroller, interagir.
Une fois l’action enclenchée, tu crées une dynamique mentale : "j’ai commencé, autant continuer."

2. Envoie une séquence progressive

  • D’abord un produit vu

  • Puis une relance sur un produit similaire → Decathlon le fait très bien d’ailleurs

  • Puis un panier sauvegardé → c’est la base

  • Puis une offre ou une nouveauté personnalisée → la cerise sur le gâteau

➡️ Chaque étape pousse à continuer ce qui a été commencé, même inconsciemment.

3. Affiche l’historique ou le suivi

  • “Vous avez consulté ce produit il y a 3 jours”

  • “Vous avez aimé les chaises design, voici de nouvelles offres”

➡️ Tu fais remonter l’engagement passé à la surface, pour le raviver.

4. Utilise le “mini engagement” pour enclencher le gros

Comme dans l’expérience de Freedman & Fraser :

  • D’abord un petit clic (ajouter en favori, comparer)

  • Puis une demande plus engageante (s’inscrire, acheter)

➡️ Le client dira plus facilement oui… par souci de cohérence.

💡 Astuce bonus pour les marketplaces :
Configurez des flux qui activent des retargetings dès l’ajout au panier ou la visite produit. Plus vite tu réengages, plus le biais joue en ta faveur.

En résumé : Fais commencer quelque chose. Même petit.
Le cerveau humain fera le reste.

BONUS : Tinder est une marketplaces finalement

Tu penses que scroller sur Amazon ou Tinder, c’est différent ?

Et pourtant…

Même logique :

  • Scroll fluide

  • Interaction rapide (clic/ajout à une liste)

  • Retour facile en arrière

  • Personnalisation continue

Tu commences par une recherche simple.
Puis tu likes un produit.
Puis tu le compares à un autre.
Puis tu veux “voir jusqu’au bout”.
Et te voilà engagé.

Le biais d’engagement, c’est le carburant silencieux de tous les modèles où l’utilisateur fait une action à la fois, en pensant rester maître… alors qu’il suit un chemin invisible.

Ne cherche pas à vendre en un coup.
Crée une première interaction.
Et laisse le biais d’engagement faire le reste.

Allez à la prochaine 🫶

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